Professionnels du tourisme, artistes, métiers de passion, combien d’entre vous n’ont pas entendu « Vous êtes en vacances toute l’année » ou, « Et à part ça, vous faites quoi? »
Heuuuu…Ben, c’est mon métier !…
Et oui, il semble compliqué pour certains de considérer que l’on puisse vivre de sa passion, tant l’idée est répandue que le travail doit être la corvée nécessaire pour vivre normalement.
Nous participions récemment à la Baldi’Balad’ une initiative généreuse de la Commission Agriculture et Territoire de la commune de Baud, animée par Nicole Le Peih qui permet la rencontre des habitants avec les entreprises et associations du secteur. A cette occasion, les « acteurs » de cette rando-rencontre présentaient leur activité, leurs atouts, leurs contraintes, et nous avons fait cet exercice pour la Nin’Arion, devant un auditoire attentif et curieux, surpris bien souvent par la découverte de notre parcours…
Des atouts :
Connaissance du milieu : 25 ans de navigation sur le réseau breton, ça aide ! Notre apprentissage s’est fait par les rencontres, la lecture d’ouvrages spécialisés et par notre propre expérience, sur le tas ! tout cela mélangé alimente les commentaires que vous entendez à bord.
Motivation, passion... Il en faut, croyez-moi ! Ne pas lâcher, s’entourer des bonnes personnes, des bons conseils et des encouragements !
Les encouragements sont réguliers : par vos visites, le plaisir partagé lors de nos promenades… Oui, je sais, je l’ai déjà dit, mais pardonnez-moi d’insister, c’est ce qui nous porte quand même !
La certitude aussi de ne pas pouvoir s’épanouir autrement qu’avec une certaine indépendance, que l’on nomme parfois un peu largement « liberté »…
C’est vrai que nous avons cette chance, nous avons fait ce choix et nous l’assumons. Mais attention, pas d’erreur, la liberté a un prix, élevé, qu’il faut accepter !
Des contraintes, bien sûr !
Les caprices du temps, pour commencer, et devoir composer avec les niveaux d’eau : le Blavet est un fleuve, ne l’oublions pas, qui traverse presque toute la Bretagne puisque sa source se trouve près de Bourbriac, (Côtes d’Armor). Il a le temps de se charger de l’eau des bassins versants, des rivières qui le rejoignent, et son niveau peut nous surprendre, gonfler rapidement entrainant un fort débit. Pas de distinction entre le professionnel aguerri et le plaisancier qui sort son bateau une fois l’an : navigation interdite pour tous ! La patience est une nécessité lorsque l’on travaille sur l’eau…
La réglementation ne fait pas exception pour notre métier, de plus en plus contraignante, pas toujours adaptée de notre point de vue, ou en décalage avec la réalité du terrain…Il faut cependant faire avec et c’est parfois bien compliqué !
Une saison courte, à peine 6 mois qui passent très vite, et donc, bien sûr, la nécessité d’avoir une autre activité : 6 mois sur l’eau pour la navigation, préparation du bateau, et 6 mois dessous pour les travaux sous marins, le pilote est également scaphandrier de métier !
Donc, en vacances toute l’année ? Non, pas vraiment, mais on c’est vrai qu’on a de la chance d’avoir un cadre de travail extraordinaire !

























