Elodée…Joli nom pour cette plante aquatique ! Je me souviens pourtant qu’à notre arrivée sur le Blavet, (vingt ans plus tôt!), elle nous était tout à fait inconnue! Elle s’est d’abord fait remarquer sur la section artificielle, au dessus de Pontivy, occupant de plus en plus de place, jusqu’à recouvrir la surface de la voie d’eau et la voilà qui s’installe sur le Blavet…
Après quelques recherches, voici ce qu’on apprend à son sujet :
Depuis déjà plusieurs années, elle apparait sur les plans d’eau et voies navigables en Bretagne mais aussi dans d’autres régions de France. Plante aquatique bien connue des aquariophiles, c’est l’élodée dense, « egeria densa ». Si elle agrémente de belle façon l’intérieur des aquariums, son développement en milieu naturel et sur les canaux est très inquiétant. Elle représente par ailleurs une gêne importante pour les usages, (activités de loisirs, pêche et navigation….)
« …On considère comme invasives les plantes exotiques introduites volontairement ou non, qui, par leur prolifération, produisent des changements significatifs au niveau des écosystèmes. L’introduction des espèces exotiques est un phénomène qui existe depuis de nombreux siècles. Toutefois, le rythme actuel et l’intensité de leur propagation sont tellement importants, qu’on observe aujourd’hui une modification complète de certains écosystèmes avec un remplacement des espèces indigènes par des espèces exotiques envahissantes… » (agence de l’eau Rhin-Meuse)
Pour permettre le passage des bateaux, le faucardage, (coupe de la plante), est la solution d’urgence mais chaque petit bout resté dans l’eau devient une nouvelle bouture! Cela fait maintenant cinq ans que nous assistons à sa progression et à l’impossibilité de s’en débarrasser…
L’élodée n’est pas la seule espèce invasive de nos régions, d’autres plantes, d’autres espèces animales se développent ainsi créant de gros déséquilibres et causes d’appauvrissement de la biodiversité…
Ce qu’il faut absolument éviter de faire :
• introduire des espèces invasives dans les milieux (particuliers, paysagistes, apiculteurs, collectivités territoriales…).
• acheter dans des jardineries des plantes exotiques sans informations préalables.
• propager ces espèces (embarcations, vidanges d’aquariums, rejets en milieu naturel).
• dégrader les milieux (remblais, drainage, destruction de ripisylve, etc.) car cela favorise la colonisation de ces espèces.
• utiliser des herbicides : ces produits contaminent l’eau et les nappes souterraines et provoquent l’effet inverse de celui recherché en favorisant les espèces invasives souvent plus résistantes que les espèces indigènes.
Vidéo faucardage de l’élodée
Ce qui est conseillé :
• Jeter à la poubelle les plantes d’aquarium dont vous souhaitez vous débarrasser et rejeter l’eau dans l’évier sans fragment de plantes.
• Prévenir vos collectivités locales et/ou une association de protection de l’environnement si vous découvrez ces espèces près de chez vous.
Pour en savoir plus :
- Les plantes invasives en France.
- État des connaissances et propositions d’action. S. Muller – 2004 Collection patrimoine naturel. Edition du Museum National d’Histoire Naturelle
- L’élodée dense par l’Observatoire de la biodiversité et du patrimoine naturel en Bretagne