Des plantes au fil du Blavet…

On a déjà parlé de l’élodée…(Egeria densa), qui décidément se plait bien chez nous ! D’autres plantes font leur apparition ou s’affirment un peu plus sur les rives du Blavet…
Le plus remarqué, tout mignon on dirait un petit nénuphar :
« la grenouillette », Hydrocharide grenouillette, (Hydrocharis morsus-ranae) semble apprécier nos eaux calmes ! Ce n’est d’ailleurs pas un  nénuphar mais une plante flottante

comme le montre  le dessin ci-dessous et effectivement, dès que le débit est un peu important, il se laisse entrainer au fil de l’eau s’il n’est pas retenu par d’autres plantes dans lesquelles il s’emmêle…

J’avais remarqué par ailleurs une fleur assez grande que je n’arrivais pas à identifier et dont j’ai fini par trouver le nom : impatiens glandulifera ou balsamine de l’Himalaya. Quel voyage avec un nom pareil ! Mais encore une jolie fleur qui a tendance à s’installer allègrement chez nous !

Combien de plantes ont ainsi colonisé nos rives, nos campagnes et combien de chez nous sont allées s’installer ailleurs, comme la salicaire par exemple qui a migré vers l’Amérique du Nord ?

Certes, ces déplacements existent depuis la nuit des temps, depuis que soufflent les vents, que les animaux et les hommes vont et viennent et que les eaux se promènent sur la terre, mais ces phénomènes s’intensifient et s’accélèrent par endroit et nous devons prendre garde de ne pas les amplifier encore par nos usages car les conséquences sont parfois très dommageables pour les espèces végétales et animales vivant déjà là…

L’élodée dense, plante invasive

Elodée…Joli nom pour cette plante aquatique ! Je me souviens pourtant qu’à notre arrivée sur le Blavet, (vingt ans plus tôt!), elle nous était tout à fait inconnue! Elle s’est d’abord fait remarquer sur la section artificielle, au dessus de Pontivy, occupant de plus en plus de place, jusqu’à recouvrir la surface de la voie d’eau et la voilà qui s’installe sur le Blavet…

Après quelques recherches, voici ce qu’on apprend à son sujet :

Depuis déjà plusieurs années, elle apparait sur les plans d’eau et voies navigables en Bretagne mais aussi dans d’autres régions de France. Plante aquatique bien connue des aquariophiles, c’est l’élodée dense, « egeria densa ». Si elle agrémente de belle façon l’intérieur des aquariums, son développement en milieu naturel et sur les canaux est très inquiétant. Elle représente par ailleurs une gêne importante pour les usages, (activités de loisirs, pêche et navigation….)

« …On considère comme invasives les plantes exotiques introduites volontairement ou non, qui, par leur prolifération, produisent des changements significatifs au niveau des écosystèmes. L’introduction des espèces exotiques est un phénomène qui existe depuis de nombreux siècles. Toutefois, le rythme actuel et l’intensité de leur propagation sont tellement importants, qu’on observe aujourd’hui une modification complète de certains écosystèmes avec un remplacement des espèces indigènes par des espèces exotiques envahissantes… » (agence de l’eau Rhin-Meuse)

Pour permettre le passage des bateaux, le faucardage, (coupe de la plante), est la solution d’urgence mais chaque petit bout resté dans l’eau devient une nouvelle bouture! Cela fait maintenant cinq ans que nous assistons à sa progression et à l’impossibilité de s’en débarrasser…

L’élodée n’est pas la seule espèce invasive de nos régions, d’autres plantes, d’autres espèces animales se développent ainsi créant de gros déséquilibres et causes d’appauvrissement de la biodiversité…

Ce qu’il faut absolument éviter de faire :
• introduire des espèces invasives dans les milieux (particuliers, paysagistes, apiculteurs, collectivités territoriales…).
• acheter dans des jardineries des plantes exotiques sans informations préalables.
• propager ces espèces (embarcations, vidanges d’aquariums, rejets en milieu naturel).
• dégrader les milieux (remblais, drainage, destruction de ripisylve, etc.) car cela favorise la colonisation de ces espèces.
• utiliser des herbicides : ces produits contaminent l’eau et les nappes souterraines et provoquent l’effet inverse de celui recherché en favorisant les espèces invasives souvent plus résistantes que les espèces indigènes.

Vidéo faucardage de l’élodée

Ce qui est conseillé :
• Jeter à la poubelle les plantes d’aquarium dont vous souhaitez vous débarrasser et rejeter l’eau dans l’évier sans fragment de plantes.
• Prévenir vos collectivités locales et/ou une association de protection de l’environnement si vous découvrez ces espèces près de chez vous.

Pour en savoir plus :

  • Les plantes invasives en France.
  • État des connaissances et propositions d’action. S. Muller – 2004 Collection patrimoine naturel. Edition du Museum National d’Histoire Naturelle
  • L’élodée dense par l’Observatoire de la biodiversité et du patrimoine naturel en Bretagne

Rives du Blavet en fleur…

Sur les berges tranquilles, se dressant vers le ciel, feuilles-flêches d’iris, les fleurs suivront bientôt ! Des buissons d’aubépine, beaucoup de pissenlits pour la lumière des champs…Bouquets de primevères, de violettes, de pâquerettes avec, ça et là les genêts éclatants…Fragiles stellaires, ficaires fausses renoncules mais vraies jolies fleurs, hardies par tous les temps ! Capselle bourse à pasteur, cardamine des prés, petit cresson sauvage…
Quoi d’autre encore ?…
Merisiers, des fleurs pour les oiseaux… Tout frissonne, se prépare, le grand feu d’artifice de la nature ! L’osmonde royale déroule ses crosses et s’étalera bientôt en touffe majestueuse, et la reine des prés est encore bien discrète…
Quelques semaines encore…
Viendront les salicaires, épilobes en épi, solidages verges d’or et combien d’autres encore !….Les silènes enflées et les compagnons rouges, lychnis fleur de coucou
Tous ces noms, toutes ces fleurs, les répéter sans cesse pour ne pas oublier, le long de nos sentiers, la richesse à nos pieds…